Ne Vous Contentez pas d'un simple Photographe!!
Les arts graphiques et le graphisme, ou le design, sont deux branches des communications verbales et visuelles qui incluent les secteurs connexes de l'art commercial, l'illustration de livres et de périodiques, la typographie et la conception de caractères. On les appelle « arts appliqués » pour les distinguer de ce qu'on nomme les « beaux-arts » (qui incluent la GRAVURE), à cause de leur dépendance à l'égard du message à transmettre, de l'objet à vendre ou du service à annoncer. De ce point de vue, ils sont les proches parents du DESIGN INDUSTRIEL.
Depuis quelques années, les arts graphiques se confondent avec les communications visuelles et le design d'information. Dans Graphic Design: A Concise History (Londres, 1994), Richard Hollis écrit : « Les graphiques peuvent être des signes, comme les lettres de l'alphabet, ou constituer un élément d'un autre système de signes, comme le marquage routier. Mis ensemble, les signes graphiques [...] constituent des images. Le graphisme consiste à dessiner ou à choisir des signes et à les disposer sur une surface de façon à transmettre une idée. »
Jusque dans les années 1870 et 1880, le plus clair de la formation artistique au Canada était d'ordre pratique. On enseignait le dessin technique et l'aquarelle aux dessinateurs, aux artisans, aux entrepreneurs et aux instituteurs.
L'ajout de cours d'art commercial, de lithographie, de gravure, de lettrage et d'illustration au programme des écoles des beaux-arts fondées à Halifax, à Québec, à Montréal, à Toronto, à Winnipeg, à Vancouver et dans d'autres grandes villes après la Confédération répond aux demandes des imprimeurs, des éditeurs de journaux et de revues ainsi que des agences de publicité (dont la première s'est établie à Montréal en 1889), en quête d'artistes qualifiés, capables de travailler avec les typographes, les rédacteurs et les éditeurs à la préparation de toute sorte de matériel graphique comportant des images dessinées ou peintes et des compositions graphiques manuelles ou mécaniques.
Au début, ce sont des artisans anonymes qui réalisent des travaux comme l'enseigne d'une auberge, l'annonce d'une diligence ou d'un bateau, la pancarte d'une vitrine, l'étiquette d'un produit, les prospectus d'encan et les affiches pour la foire agricole. Ces travailleurs indépendants et autodidactes, qu'on en vient à appeler simplement des « artistes graphiques », doivent adapter leurs techniques aux changements qui s'amorcent dans les industries canadiennes de l'impression, de la gravure et du papier quand les effets de la révolution industrielle en Europe commencent à se faire sentir au pays.
La lithographie, inventée par Senefelder en 1796, est introduite à York (Toronto) par Samuel Tazewell en 1832. Elle est réintroduite avec plus de succès par Hugh Scobie en 1843. Cette technique offre des possibilités nouvelles aux éditeurs de livres, de cartes et d'atlas, aux fabricants d'articles et d'objets en tous genres et aux promoteurs de divertissements. Elle permet la reproduction très détaillée et réaliste de scènes et d'objets, de même qu'une intégration plus artistique des éléments écrits et picturaux que ne le fait la combinaison standard de la gravure sur bois et de caractères en bois ou en plomb.
Des améliorations ultérieures, comme la chromolithographie, une innovation des années 1840, et la presse rotative à vapeur permettent à une technologie naguère encombrante et chère de devenir compétitive avec la gravure sur bois et sur métal et avec les techniques subséquentes de la ligne photographique et de la similigravure. William Leggo (1830-1915), de Montréal, place le Canada à l'avant-garde de la reprographie avec son invention du leggotype, breveté en 1865 comme procédé de photogravure utilisé pour reproduire les dessins et les gravures au trait. Appliqué plus tard au travail à la trame cristal, le leggotype sert à la reproduction des premières similigravures au monde publiées dans une revue, en l'occurrence, le numéro inaugural du Canadian Illustrated News de Desbarat en 1869.
